Parpaing & Sac à main : comment Stéphanie a créé un podcast aligné avec son activité (sans le transformer en machine commerciale)

Stéphanie Gerifaud anime Parpaing & Sac à main, un podcast qui met en avant des femmes dans le milieu du bâtiment. Dans cet épisode de À vous les studios, elle raconte une approche rare (et très inspirante) : un podcast totalement aligné avec son métier (elle dirige une agence de communication dédiée au bâtiment), mais volontairement gardé comme un projet “libre”, sans pression de monétisation ni impératif de croissance.

Son moteur : la liberté, l’envie de donner la parole, et une intention claire — participer, à son échelle, à faire bouger les lignes sur la mixité dans le secteur. Elle parle aussi très concrètement de son process de production, de son perfectionnisme, de ce qu’elle ferait (ou ne ferait pas) différemment, et de pourquoi elle refuse pour l’instant la vidéo ou le sponsoring.

Un podcast devient un actif quand il sert d’abord une intention (pas une performance)

Quand Gaël lui demande ce que ça fait d’avoir un podcast aligné avec son activité, Stéphanie répond sans hésiter : la liberté.

Liberté de choisir les personnes qu’elle interviewe, de suivre ses rencontres, de ne pas se sentir “tenue” par un cahier des charges éditorial trop rigide. Et surtout : liberté de ne pas se juger en permanence.

Au début, elle traverse les doutes classiques : “Je ne suis pas légitime”, “Je ne suis pas journaliste”, “Je n’ai jamais fait d’interviews”… puis elle dépasse progressivement cette peur. Pas en devenant “parfaite”, mais en se disant : je fais avec qui je suis.

Et c’est là que son podcast prend tout son sens : il n’est pas une vitrine. C’est un outil de lien, de valorisation, et même (elle le dit) un vrai levier de développement personnel.

La genèse : un “trou dans la raquette” dans le bâtiment (et un besoin de représentation)

Stéphanie connaît le bâtiment depuis près de 20 ans. Elle observe un problème très concret : peu de femmes mises en avant dans les médias du secteur, des tables rondes majoritairement masculines, et quand il y a des femmes… “on peut les compter sur les doigts d’une main”.

Le podcast devient alors une réponse simple : créer un espace pour entendre des parcours, rendre visibles des femmes de terrain, et inspirer des jeunes qui n’auraient jamais envisagé le bâtiment comme voie possible.

Elle ne prétend pas “révolutionner” le sujet : elle parle d’un rôle de colibri — une petite action dans une grande mare, mais qui compte.

Lancement : le bouche-à-oreille, LinkedIn… et un décollage inattendu

Ce qui est intéressant, c’est que le lancement n’a pas été un plan marketing compliqué. Elle parle d’un petit noyau de proches dans le bâtiment : elle annonce son intention, et immédiatement les contacts arrivent :

“Moi j’en connais une”, “il faut absolument que tu l’interviewes”, etc.

Ensuite, elle publie sur LinkedIn, en pensant que “ça va liker à 30 personnes”… et ça prend. Des dirigeants d’entreprises du bâtiment relaient. Des femmes écrivent pour dire :

“Ça fait plaisir”, “Je me reconnais”, “J’ai l’impression de m’entendre”.

Le signal est clair : il y avait un vrai besoin de contenu et de représentation sur cet angle.

Podcast + agence : aligné, mais volontairement “pas poreux”

Stéphanie dirige une agence de communication (Digibat) : c’est elle qui finance indirectement le projet (matériel, temps, production). Mais elle insiste sur un point : elle veut garder une frontière.

Pourquoi ?

Parce qu’elle veut conserver le podcast comme un espace neutre, sans pression commerciale.

Elle refuse notamment, pour l’instant : les demandes de sponsoring, la tentation de “faire une machine à cash”, l’idée de transformer le podcast en produit marketing.

Elle se connaît : elle sait que l’argent et les partenaires pourraient lui rajouter une pression (“il faut que je fasse un contenu de fou”) et risqueraient d’abîmer ce qu’elle cherche à protéger : le plaisir et la liberté.

Le process de production (concret) : “un épisode par mois = une journée”

Dans l’épisode, Stéphanie détaille son organisation, ce qui est précieux pour toutes celles et ceux qui veulent comprendre le “vrai” coût d’un podcast.

Ses étapes :

-> Trouver l’invitée (pas le plus dur, via réseau + LinkedIn)

-> Échange préalable (20 minutes) pour capter la fibre et personnaliser les questions

-> Préparation des questions (30 min à 1h)

-> Interview (souvent ~1h)

-> Écoute du brut + indications précises au monteur (“à 2:32 faut enlever ça”)

-> Allers-retours sur le montage (parfois 2–3)

-> Envoi à l’invitée pour validation

-> Communication (principalement LinkedIn + réseaux pro)

Son estimation : environ une journée de travail par épisode (pour un rythme mensuel). Elle explique aussi qu’elle a tenté 2 épisodes par mois… et que ça l’a épuisée. Elle revient donc à un rythme tenable.

Vidéo : pourquoi elle dit “non” (pour l’instant)

Le passage sur la vidéo est très révélateur : Stéphanie y a pensé, puis a dit non.

Sa raison principale : elle observe que beaucoup de femmes sont soulagées quand elle annonce que ce n’est que de l’audio.

Certaines lui disent même : “Si c’était filmé, je n’aurais pas accepté.”

Son point de vue est pragmatique : oui, YouTube est un levier énorme, oui la vidéo booste la découvrabilité… mais son objectif prioritaire reste l’accès, la sécurité, et le confort des invitées.

Encore une fois : elle choisit la cohérence plutôt que l’optimisation.

Plan d’action — Lancer un podcast aligné (et tenable), inspiré de Stéphanie

Pour aller plus loin

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Citations

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